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> Solidarité sur Internet: gare aux arnaques
Alors que la communauté internationale mobilise des moyens colossaux pour venir en aide aux victimes du Tsunami, certains internautes sans scrupules abusent de la crédulité des donateurs pour s'enrichir.

Il n'y a pas que le globe terrestre qui ait vacillé sur son axe le 26 décembre dernier. C'est toute l'humanité qui s'est ébranlée en se mobilisant très largement pour venir au secours de millions de sinistrés d'Asie du Sud-Est.

Alors que le tsunami s'en prenait avec une violence incroyable à l'Inde, l'Indonésie, le Sri Lanka, la Thaïlande et tant d'autres, les peuples de tous les pays, dans un élan commun de générosité et de solidarité incarnant au mieux l'esprit de Noël, s'organisaient pour acheminer une aide aux victimes de la pire catastrophe que nous ayons connue ces dernières années. Alors que le bilan ne cesse de s'alourdir, tant sur le plan humain que matériel, les nouvelles technologies ont permis que l'aide prenne immédiatement une envergure planétaire. Internet a joué un rôle considérable dans ce tragique événement. Les blogs, ces espaces libres de discussions entre internautes, ont, en premier lieu, véhiculé l'information à une vitesse vertigineuse et permis d'échanger des informations pour les familles des victimes.

L'heure est ensuite très vite venue à la collecte des dons. Les sites Web de la Croix-Rouge et de la plupart des ONG ont très vite été pris d'assaut par des internautes soucieux d'agir. D'ordinaire associées aux loisirs, les technologies et leur virtualité ont montré là leur sérieuse capacité à aider de façon très concrète. Au-delà des seules informations qui ont pu être échangées sur le Net et des explications pratiques rassemblées çà et là et mises à la disposition du public, c'est une réelle solidarité financière qui s'est organisée. Pour le seul Hexagone, le Web a permis de récolter 6,6 millions d'euros: environ 3 millions via le site Internet du Secours Catholique, 2 millions pour le site de la Croix-Rouge française et 1,5 million pour le site de Médecins sans frontières. Des chiffres qui, au passage, en disent long sur la place qu'occupe le réseau dans la vie et les habitudes des Français, qui y sont désormais familiers.

Mais, comme dans toutes les situations de crise, le tsunami a eu son lot de malveillants qui ont cherché à abuser de la crédulité de certains donateurs. Ainsi, alors que les quelque 900 millions d'internautes recensés à ce jour dans le monde combinaient leurs efforts et leur générosité, des individus se sont fait passer pour des institutions habilitées à recueillir les dons afin de les détourner à leur profit. C'est ainsi que des messages électroniques émis au nom de l'organisation non gouvernementale Oxfam, basée en Grande-Bretagne, incitaient à faire des dons via Internet. Mais au lieu de cheminer vers les coordonnées bancaires de l'organisation, les dons aboutissaient directement sur un compte basé à Chypre. Rien à voir donc avec la réelle et respectable organisation britannique qui, dès l'annonce de la catastrophe, avait ouvert des comptes permettant l'envoi de dons via Internet.

S'il est impossible à cette heure de chiffrer le préjudice avec exactitude, il est en revanche très clair que l'arnaque a dû se révéler juteuse. D'après les premières investigations menées par la police, ces messages auraient été expédiés depuis Hongkong. Gageons malheureusement que de telles initiatives ne manqueront pas de faire des émules parmi les malotrus de tout poil qui restent tapis dans les recoins du Web, à l'affût d'arnaques à mettre sur pied en quelques clics de souris.

Si les sommes détournées sont autant de centaines, de milliers ou de dizaines de milliers d'euros qui ne profiteront pas aux victimes du séisme, il faut encore s'inquiéter davantage du risque que représente ce type d'arnaques. C'est en effet tout le système de solidarité via Internet qui risque d'être mis à mal: les internautes craignant par nature ces pratiques frauduleuses, ils pourraient se montrer frileux au point de renoncer à se mobiliser.

Or le Web est encore le moyen le moins onéreux, le plus rapide et le plus efficace de collecter des dons. Aussi, s'il est un conseil à prodiguer, c'est d'effectuer ses dons sur les sites Internet des ONG les plus connues, celles qui ont pignon sur rue, et dont on peut être assuré de l'intégrité. A savoir aussi que ces organisations n'envoient pas de messages non sollicités pour collecter des dons et que, par conséquent, si l'on en reçoit, on doit être des plus méfiants.

Le Figaro
José Roda

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